Comment le gouvernement italien a-t-il choisi de soutenir l’économie réelle et les institutions financière ?
Le gouvernement, dans sa tentative de freiner la récession et de stimuler la confiance des opérateurs économiques, essaie de faire pression sur les banques afin d’assurer un flux constant d’attribution de crédits aux entreprises. L’intention du gouvernement italien est claire comme le prouve la déclaration du 23 mars de Tremonti, ministre italien de l’économie et des finances : « si on met de l’argent publique dans les banques, que cela leur plaise ou non, il doit y avoir un contrôle publique car cet argent n’est pas pour les institutions bancaires mais pour les petites entreprises. ».
C’est sous la forme d’obligations, couramment appelées Tremonti bond que l’état accordera des crédits aux institutions financières qui en feront la demande. Ces obligations seront utilisées par les banques afin de renforcer les coefficients de patrimonialisation, et auront pour effet de favoriser l’augmentation de l’offre de crédit. La première institution à en faire la demande fut « il Banco Popolare », la souscription comprenait un code éthique. On estime que les 12 milliards d’euros de Tremonti bonds pourraient générer des crédits à hauteur de 150 milliards d’euros grâce à l’effet de levier
Comment a réagit le groupe Unicredit face à cette offre ?
Le 18 mars Unicredit demande 4 milliards d’obligations d état. Le conseil d’administration du groupe a chargé Alessandro Profumo, PDG du groupe, de répartir la demande en obligations d’état entre l’Italie et l’Autriche en surpondérant la part d’obligations autrichiennes (2,5-3 milliards) en raison de l’exposition supérieure du groupe dans cette succursale qui gère les actifs de l’Europe de l’est. En fonction de la réponse qu’Unicredit obtiendra de la part du gouvernement autrichien, Profumo ajustera sa demande en Italie de Tremonti-bond (1 à 1,5 milliards). A priori il devrait utiliser la modalité la moins coûteuse qui laisse 30% de l’émission obligataire à la souscription d’investisseurs ou actionnaires privés dans la mesure où ils détiennent moins de 2% du capital.
L’opération devrait se finaliser avant le mois d’août, selon les engagements de Profumo.
Quelles fut la réaction les agences de notation ?
Le 18 mars Standard & Poor’s a annoncé la dégradation du rating long terme de A+ à A
Quelques points de comparaison…
Intesa Sanpaolo : 4 milliards : devrait les demander après le conseil d’administration du 20 avril en obligation convertibles.
Monte dei Paschi : 1,5 milliards conseil d’administration le 26 avril
Banco Popolare : 1,45 milliards en a fait la demande le 9 avril
Mediobanca : ne devrait pas en demander
L’incroyable progression du titre Unicredit au cours du dernier mois quelques facteurs explicatifs :
Le titre a commencé à s’apprécier malgré quelques mauvaises nouvelles :
- La banque et certaines de ses filiales ont été assignées en justice par un représentant de l’état de New Mexico (USA) pour un investissement en Cdo effectué par ce même état. La demande de dédommagement s’élève à 360 millions de dollars. (10 mars)
-La principale banque polonaise Pekao, dont Unicredit a le contrôle va proposer de ne pas verser de dividende sur les résultats 2008 afin de maintenir son niveau de solvabilité. (12 mars)
Puis, le titre a été porté par des signaux rassurants :
-Le bénéfice de 2008 s’est avéré être supérieur aux attentes : plus de 4 milliards (les analyses prévoyaient 3,77 milliards). Cependant ce résultat est à juger avec précaution en raison de la suspension des normes IAS que nous avions déjà évoqué précédemment.
-Du côté de la solidité patrimoniale, le groupe a terminé l’année avec un Core Tier 1 de 6,5%, soit 0,2% de moins que l’objectif fixé lors de la proposition de recapitalisation en octobre dernier. Cependant l’émission des obligations gouvernementales devrait lui faire atteindre les 7 ou 8%.
Le jour du conseil d’administration le titre a gagné 19,05% et a fini la journée à 1,153 euros récupérant ainsi en une séance les baisses du mois précédent. Ce fut en outre la meilleure performance du continent ce jour-là. Le nombre de titres échangés a aussi été important, 3% de la capitalisation. Unicredit compte axer sa stratégie en valorisant sa forte implantation, revenir aux fondamentaux en ce qui concerne l’asset management . Le groupe mise aussi sur un changement stratégique dans les pays de l’est et du centre de l’Europe. Il ne pariera plus sur la croissance mais plutôt sur des réductions des coûts, notamment par le biais de licenciements en Pologne, Turquie et Russie. De plus, ils comptent, dans un second temps, réduire des actifs non Core et augmenter leur vigilance quant à la qualité du crédit.
- Le PDG Alessandro Profumo et le président Dieter Rampl sont confirmés dans leurs fonctions pour les trois années à venir. (3 avril)
- La composition du conseil d’administration n’a que peu changé, d ans la mesure où les Fondation Cariverona, Crt di Torino e Carimonte di Modena sont arrivées à un accord afin de présenter une liste commune de candidats au conseil d’administration. La principale nouveauté sera la présence du président de la banque libyenne, Farhat Bengdara. Cette liste sera soumise à votation à l’assemblée des actionnaires le 29 avril. Cette bonne nouvelle a eu un effet positif sur le titre (+7,5%) (3 avril).
Comment Profumo justifie-t-il cette progression ?
Le marché « répond à ce que nous avons produit en terme de résultats. Il récompense la capacité de résistance qu’a montré le core business, la banque commerciale, le fait que l’année 2009 a bien commencé même dans le trading , le juste contrôle des coûts. Il y a encore de la marge - ajoute-t-il – pour que le titre s’apprécie ». Profumo rappelle la manière dont sa banque est en train de « soutenir positivement l’économie » avec 600 milliards de crédits aux familles et aux entreprises.
Le gouvernement, dans sa tentative de freiner la récession et de stimuler la confiance des opérateurs économiques, essaie de faire pression sur les banques afin d’assurer un flux constant d’attribution de crédits aux entreprises. L’intention du gouvernement italien est claire comme le prouve la déclaration du 23 mars de Tremonti, ministre italien de l’économie et des finances : « si on met de l’argent publique dans les banques, que cela leur plaise ou non, il doit y avoir un contrôle publique car cet argent n’est pas pour les institutions bancaires mais pour les petites entreprises. ».
C’est sous la forme d’obligations, couramment appelées Tremonti bond que l’état accordera des crédits aux institutions financières qui en feront la demande. Ces obligations seront utilisées par les banques afin de renforcer les coefficients de patrimonialisation, et auront pour effet de favoriser l’augmentation de l’offre de crédit. La première institution à en faire la demande fut « il Banco Popolare », la souscription comprenait un code éthique. On estime que les 12 milliards d’euros de Tremonti bonds pourraient générer des crédits à hauteur de 150 milliards d’euros grâce à l’effet de levier
Comment a réagit le groupe Unicredit face à cette offre ?
Le 18 mars Unicredit demande 4 milliards d’obligations d état. Le conseil d’administration du groupe a chargé Alessandro Profumo, PDG du groupe, de répartir la demande en obligations d’état entre l’Italie et l’Autriche en surpondérant la part d’obligations autrichiennes (2,5-3 milliards) en raison de l’exposition supérieure du groupe dans cette succursale qui gère les actifs de l’Europe de l’est. En fonction de la réponse qu’Unicredit obtiendra de la part du gouvernement autrichien, Profumo ajustera sa demande en Italie de Tremonti-bond (1 à 1,5 milliards). A priori il devrait utiliser la modalité la moins coûteuse qui laisse 30% de l’émission obligataire à la souscription d’investisseurs ou actionnaires privés dans la mesure où ils détiennent moins de 2% du capital.
L’opération devrait se finaliser avant le mois d’août, selon les engagements de Profumo.
Quelles fut la réaction les agences de notation ?
Le 18 mars Standard & Poor’s a annoncé la dégradation du rating long terme de A+ à A
Quelques points de comparaison…
Intesa Sanpaolo : 4 milliards : devrait les demander après le conseil d’administration du 20 avril en obligation convertibles.
Monte dei Paschi : 1,5 milliards conseil d’administration le 26 avril
Banco Popolare : 1,45 milliards en a fait la demande le 9 avril
Mediobanca : ne devrait pas en demander
L’incroyable progression du titre Unicredit au cours du dernier mois quelques facteurs explicatifs :
Le titre a commencé à s’apprécier malgré quelques mauvaises nouvelles :
- La banque et certaines de ses filiales ont été assignées en justice par un représentant de l’état de New Mexico (USA) pour un investissement en Cdo effectué par ce même état. La demande de dédommagement s’élève à 360 millions de dollars. (10 mars)
-La principale banque polonaise Pekao, dont Unicredit a le contrôle va proposer de ne pas verser de dividende sur les résultats 2008 afin de maintenir son niveau de solvabilité. (12 mars)
Puis, le titre a été porté par des signaux rassurants :
-Le bénéfice de 2008 s’est avéré être supérieur aux attentes : plus de 4 milliards (les analyses prévoyaient 3,77 milliards). Cependant ce résultat est à juger avec précaution en raison de la suspension des normes IAS que nous avions déjà évoqué précédemment.
-Du côté de la solidité patrimoniale, le groupe a terminé l’année avec un Core Tier 1 de 6,5%, soit 0,2% de moins que l’objectif fixé lors de la proposition de recapitalisation en octobre dernier. Cependant l’émission des obligations gouvernementales devrait lui faire atteindre les 7 ou 8%.
Le jour du conseil d’administration le titre a gagné 19,05% et a fini la journée à 1,153 euros récupérant ainsi en une séance les baisses du mois précédent. Ce fut en outre la meilleure performance du continent ce jour-là. Le nombre de titres échangés a aussi été important, 3% de la capitalisation. Unicredit compte axer sa stratégie en valorisant sa forte implantation, revenir aux fondamentaux en ce qui concerne l’asset management . Le groupe mise aussi sur un changement stratégique dans les pays de l’est et du centre de l’Europe. Il ne pariera plus sur la croissance mais plutôt sur des réductions des coûts, notamment par le biais de licenciements en Pologne, Turquie et Russie. De plus, ils comptent, dans un second temps, réduire des actifs non Core et augmenter leur vigilance quant à la qualité du crédit.
- Le PDG Alessandro Profumo et le président Dieter Rampl sont confirmés dans leurs fonctions pour les trois années à venir. (3 avril)
- La composition du conseil d’administration n’a que peu changé
Comment Profumo justifie-t-il cette progression ?
Le marché « répond à ce que nous avons produit en terme de résultats. Il récompense la capacité de résistance qu’a montré le core business, la banque commerciale, le fait que l’année 2009 a bien commencé même dans le trading , le juste contrôle des coûts. Il y a encore de la marge - ajoute-t-il – pour que le titre s’apprécie ». Profumo rappelle la manière dont sa banque est en train de « soutenir positivement l’économie » avec 600 milliards de crédits aux familles et aux entreprises.
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