dimanche 8 mars 2009

Pourquoi le titre UniCredit continue de baisser ?

Le 2 mars Unicredit perd 6% notamment à cause du contexte en effet :

• Les marchés ont été effrayés par l’effondrement de Hsbc qui était considérée comme la banque globale par excellence. Jusqu’à présent Hsbc n’avait pas été affectée gravement par la crise financière: de fait elle n’avait pas sollicité l’aide du gouvernement britannique ni une augmentation de capital sur les marché. Cependant le 2 mars Hsbc a rendu publique le fait que son résultat de 2008 avait diminué de 70% par rapport à l’année précédente. Hbsc se voit contraint d’augmenter son capital de 18 milliards de dollars.

• Le même jour autre nouvelle préoccupante tombe: Aig a enregistrer au 4ème semestre une perte de 61,7 milliards de dollars, la perte la plus haute de l’histoire des USA. Pour éviter la faillite de cette banque le gouvernement américain a de nouveau injecté 30 milliards de dollars, qui s’ajoutent aux 150 milliards de dollars déjà investis.

Les engagements d’Unicredit en Europe centrale et en Europe de l’est inquiètent les marchés
:

Fin septembre les investissements du groupe dans cette zone s’élevaient à 88,4 milliards d’euros soit 14% du groupe:

1) Pologne 21,7 milliards d’euros
2) Russie 10,6 milliards d’euros
3) Croatie 8,1 milliards
4) République Tchèque 6,7 milliards
5) Ukraine 4,5 milliards

De surcroît, c'est de cette zone que le groupe tire un quart de ses revenus. Or, Ukraine serait sur le point de demander encore une fois une aide au fond monétaire internationale et de la Banque Mondiale, rumeur appuyée par l’opinion du président russe Dimitrij Medvedev qui considère que l’économie ukrainienne est « au bord de la faillite ». L’assureur Ducroire est moins alarmiste mais considère tout de même le risque existant.




Avec une croissance réelle jusqu’en septembre dernier de 6,7% du PIB, l'économie ukrainienne semblait maintenir la croissance des dernières années (+7,9% en 2007). Entre fin 2008 et début 2009 la tendance s’est inversée. Au mois de novembre son PIB a diminué de 14,4% par rapport à l’année précédente, tout comme la production industrielle -29%.

Les déclarations du président de la commission européenne du 5 mars à propos d’un plan d’aide de la commission en faveur de l’Ukraine si les aides du FMI et de la Banque Mondiale s’avéraient insuffisantes à la fois confirment la gravité de la situation ukrainienne mais diminuent la probabilité de défaut de l’état ukrainien.

La visibilité de l’économie des pays de cette zone demeure très faible et cela peut peser sur l’évolution du titre Unicredit. L'agence de notation Moody's a d’ailleurs souligné ce risque dans une note récente : «la détérioration de la solidité financière des filiales est-européennes a des conséquences défavorables pour leurs maisons mères ouest-européennes». Moody's évoquait notamment les provisions pour créances douteuses, la hausse des coûts de financement et la dépréciation de certaines devises. La conjonction de ces facteurs, selon l'agence, pourrait nuire à la rentabilité des banques européennes et réduire leur base de capital.


Alessandro Profumo se veut rassurant (déclaration du 4 mars)

Alessandro Profumo, a voulu rassurer le marché sur la situation des banques du groupe en Europe de l’Est. « Au jour d’aujourd’hui la situation que nous voyons (…) dans les comptes de nos banques est bien meilleure que celle qui apparemment est décrite »

"Aujourd’hui", a poursuivi Profumo, "des défauts dans ces pays ne sont pas prévus et si on regarde les chiffres, même ceux de janvier, les performances restent bonnes. Evidemment nous nous rendons compte des risques implicites dans cette partie du monde où les autorités sont aussi en train d’intervenir (Fmi)".

Les pertes du groupe sur cette zone sont estimées entre 10% et 20%

Sur les marchés l’action Unicredit réagit à ces déclarations en s’appréciant de +1,5%.

Cependant, le marché craint que Unicredit n’ai besoin de nouvelles ressources afin d’augmenter sa solidité patrimoniale, mais aussi pour faire face aux dettes de l’Europe de l’est. Or, Unicredit a déjà augmenté son capital de 3 milliards d’euros. 7,5 milliards d’euros supplémentaires devraient être obtenus grâce aux aides des gouvernements: 3 milliards par l’émission de Tremonti Bond et 4,5 milliards par des aides semblables en Autriche. Ainsi le Core Tier 1 d’Unicredit devrait atteindre 7,8%.




Outils pour mieux comprendre et reconnaitre les acteurs de l'augmentation de capital




Composition de son actionnariat :


Juillet 2005





D’après le bilan du 4ème trimestre 2008 :




Février 2009 :



La Fondation CariVerona se retire du plan d’amélioration des fonds propres d’UniCredit, elle possède aujourd’hui 6,08% du capital du groupe mais a décidé ne pas donner suite à sa réservation du mois d’octobre de 500 millions d’obligations convertibles.


Puisqu'elle a souscrit la part non souscrite de l’augmentation de capital, Mediobanca, depuis le 25 février, est potentiellement le premier actionnaire d’UniCredit avec 6,762% du capital. En effet Mediobanca a souscrit environ 968 millions d’actions par le biais d’obligations convertibles, cependant les droits de votes qui leur sont inhérentes seront gelés jusqu’en 2050.

La composition de l’actionnariat d’UniCredit est susceptible d’évoluer fortement car le flottantde ce titre est important (79% au 13 janvier selon Banca IMI)



Début mars, le fond Aabar Investments d’Abu Dhabi (émirat arabes unis) a souscrit des obligations convertibles d'UniCredit pour une valeur de 49,8 millions d’euro ce qui correspond à 1,7% du total de l'émission obligataire.



Participation de Unicredit Group dans d’autres entreprises :

Generali : 4,670%

Mediobanca : 9,020%

Banco Sabadell : 4,00%

Beate Uhse AG : 9,84%

source : http://it.wikipedia.org/wiki/Unicredit.
1Le flottant correspond à la part des actions qui appartient à des investisseurs obéissant à une pure logique financière : acheter quand le cours paraît bas, vendre quand il semble élevé. N'appartiennent pas au flottant les actions d'actionnaires qui les gardent pour des raisons autres que financières : contrôle, attachement familial et qui ont tendance ni à vendre, ni à acheter, mais à garder.