Les engagements d’Unicredit en Europe centrale et en Europe de l’est inquiètent les marchés :
Fin septembre les investissements du groupe dans cette zone s’élevaient à 88,4 milliards d’euros soit 14% du groupe:
1) Pologne 21,7 milliards d’euros
2) Russie 10,6 milliards d’euros
3) Croatie 8,1 milliards
4) République Tchèque 6,7 milliards
5) Ukraine 4,5 milliards
De surcroît, c'est de cette zone que le groupe tire un quart de ses revenus. Or, Ukraine serait sur le point de demander encore une fois une aide au fond monétaire internationale et de la Banque Mondiale, rumeur appuyée par l’opinion du président russe Dimitrij Medvedev qui considère que l’économie ukrainienne est « au bord de la faillite ». L’assureur Ducroire est moins alarmiste mais considère tout de même le risque existant.
Les déclarations du président de la commission européenne du 5 mars à propos d’un plan d’aide de la commission en faveur de l’Ukraine si les aides du FMI et de la Banque Mondiale s’avéraient insuffisantes à la fois confirment la gravité de la situation ukrainienne mais diminuent la probabilité de défaut de l’état ukrainien.
La visibilité de l’économie des pays de cette zone demeure très faible et cela peut peser sur l’évolution du titre Unicredit. L'agence de notation Moody's a d’ailleurs souligné ce risque dans une note récente : «la détérioration de la solidité financière des filiales est-européennes a des conséquences défavorables pour leurs maisons mères ouest-européennes». Moody's évoquait notamment les provisions pour créances douteuses, la hausse des coûts de financement et la dépréciation de certaines devises. La conjonction de ces facteurs, selon l'agence, pourrait nuire à la rentabilité des banques européennes et réduire leur base de capital.
Alessandro Profumo se veut rassurant (déclaration du 4 mars)
Alessandro Profumo, a voulu rassurer le marché sur la situation des banques du groupe en Europe de l’Est. « Au jour d’aujourd’hui la situation que nous voyons (…) dans les comptes de nos banques est bien meilleure que celle qui apparemment est décrite »
"Aujourd’hui", a poursuivi Profumo, "des défauts dans ces pays ne sont pas prévus et si on regarde les chiffres, même ceux de janvier, les performances restent bonnes. Evidemment nous nous rendons compte des risques implicites dans cette partie du monde où les autorités sont aussi en train d’intervenir (Fmi)".
Les pertes du groupe sur cette zone sont estimées entre 10% et 20%
Sur les marchés l’action Unicredit réagit à ces déclarations en s’appréciant de +1,5%.
Cependant, le marché craint que Unicredit n’ai besoin de nouvelles ressources afin d’augmenter sa solidité patrimoniale, mais aussi pour faire face aux dettes de l’Europe de l’est. Or, Unicredit a déjà augmenté son capital de 3 milliards d’euros. 7,5 milliards d’euros supplémentaires devraient être obtenus grâce aux aides des gouvernements: 3 milliards par l’émission de Tremonti Bond et 4,5 milliards par des aides semblables en Autriche. Ainsi le Core Tier 1 d’Unicredit devrait atteindre 7,8%.


